Dimanche 15 janvier, lors du deuxième débat sur la primaire, les sept candidats ont débattu de la légalisation du cannabis. Tous les candidats sauf Manuel Valls mentionnent le sujet dans leur programme.

Qui est pour et qui contre ?

Manuel Valls et Arnaud Montebourg sont contre.

Vincent Peillon refuse de trancher.

Benoît Hamon, Sylvia Pinel, François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias sont pour.

 

Que faut-il savoir sur le sujet ?

Presque un Français sur deux dit avoir consommé du cannabis une fois dans sa vie.

La part de consommateurs réguliers (plusieurs fois par an) représente un Français sur dix.

Ca fait du cannabis la substance illicite la plus consommée en France. Ses effets nocifs sur la santé sont pourtant prouvés, et plus d’un Français sur deux (54%) a conscience de la dangerosité du produit.

78 % des Français sont opposés à la vente libre du cannabis, mais 4 sur dix trouvent que son interdiction est une atteinte aux libertés.

Dans l’ensemble, les Français préfèrent des politiques de soin plutôt que de la répression plus ferme de type amende ou emprisonnement.

Ca changerait quoi pour nos personas ?

Dans l’ensemble, pas grand chose. Nos personas ne sont pas des dealers, et en légalisant, ce sont bien les trafiquants plutôt que les consommateurs qui seraient visés. C’est l’ironie de ce sujet de campagne : il occupe plusieurs minutes du débat dimanche 15 janvier, c’est l’une des mesures les plus discutées, mais la légalisation n’aurait qu’un impact relatif sur la majorité des Français, consommateurs ou non. Voilà tout de même trois exemples concrets pour mieux comprendre les effets d’une légalisation du cannabis.

 

Muriel

61 ans, retraitée en Savoie
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Avec une dépénalisation et la légalisation de l’utilisation thérapeutique, Muriel pourrait enfin utiliser le cannabis pour ses rhumatismes sans se ruiner. Enfin… seulement si la sécurité sociale acceptait de rembourser. Dans tous les cas, une légalisation du cannabis devrait permettre une baisse des prix.

Pierre-Antoine

17 ans, il passe un bac STMG cette année.
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Pierre Antoine a dix sept ans. En cas de légalisation ou de dépénalisation, il resterait hors-la-loi en achetant et en consommant du cannabis. La plupart des candidats proposent de calquer la légalisation du cannabis sur le modèle de l’alcool. Cela signifie une vente interdite aux mineurs.

Maeva

29 ans, policière à Paris
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Maeva ne consomme pas de cannabis, mais il lui arrive de travailler sur le sujet en tant que policière. Pour elle, l’impact d’une telle mesure sur son quotidien dépend du modèle retenu. Benoit Hamon propose de transférer les budgets liés à la répression de la consommation et du trafic de cannabis à des fins de prévention et d’informations sur les risques associés. C’est aussi l’un des axes que Sylvia Pinel propose d’approfondir, mais avec des budgets supplémentaires. La candidate du parti radical de gauche proposant de réallouer l’argent consacré à la répression du cannabis vers d’autres substances illicites.